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PROJET TACC/FAMEX
Dans le cadre d’un Projet conjoint TACC/FAMEX, la Chambre de Commerce Tuniso-Américaine... more...
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Itinéraires Réussis
Taoufik Habaieb
Le choix de survivre est très facile ; le plus difficile, c’est de choisir de faire plus que ça. Il est facile de se laisser aller à la complaisance et de résister au changement quand on est un fonctionnaire enseveli dans les profondeurs de la bureaucratie de l’État. Lessalaires tombent régulièrement et à temps, la responsabilité est diffuse et il est souvent facile de se laisser glisser pendant des années, sans trop d’effort, entre heures de pointe du matin et du soir toute la semaine. la suite
PROJET TACC/FAMEX
Dans le cadre d’un Projet conjoint TACC/FAMEX, la Chambre de Commerce Tuniso-Américaine (TACC), a conduit une délégation de cinq hommes d’affaires à la foire de produits agricoles « Winter Fancy Food Show » (San Francisco, 18-20 janvier, 2009). Suite à un accord entre la TACC et le FAMEX (Fonds d’Accès aux Marchés Extérieurs), les entreprises ont bénéficié d’une subvention à hauteur de 70% des frais encourus, ce qui leur a permis de participer dans des conditions économiques favorables. Le Projet TACC FAMEX, entamé en mai 2008, a bénéficié de l’encadrement technique de deux experts, l’un tunisien, M. Wissem Krifa et l’autre américain, M. Al Hamman... la suite
Tunisie : 5 entreprises sélectionnées pour les USA
La « Huilerie Moderne de Tunisie », « Stifen », « Jrah International », « Sun Antipasti » et « ABCO », sont les 5 entreprises tunisiennes sélectionnées par le Famex (Le Fonds d’Accès aux Marchés Extérieurs, relevant du Cepex) et la TACC, la Chambre de Commerce Tuniso- américaine pour laparticipation dans le « Fancy Food Show » qui aura lieu à San Francisco aux Etats Unis, entre le 18 et le 20 janvier prochains. la suite
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Mohamed Antri Bouzar
Alger, Algérie

Au début des années 1990, Mohamed Antri Bouzarcommença à prêter une oreille attentive à ceux deses amis qui parlaient d’équipement informatiqueet de leur souhait de se procurer tel ou tel ordinateur ou progrès technologique.Il conçut l’idée qu’il pourrait exploiter une opportunité entrepreneuriale ens’engageant dans la distribution informatique et les nouvelles technologies et, enparticulier, la distribution d’équipement informatique. C’est ainsi qu’il lança AlgeriaBusiness Multimedia (ABM), grossiste en ordinateurs personnels et équipementsconnexes, notamment de mise en réseau et Internet.Ce qu’ABM propose à ses clients, c’est la plus vaste gamme de produitsinformatiques d’Algérie ; la société représente la quasi-totalité des grandesmarques d’équipement actuellement sur le marché mondial. La société est réputéepour la qualité des produits qu’elle propose et les prix qu’elle pratique. ABM sedémarque de ses concurrents en ayant en stock les articles les plus récents et les plus performants, ce qui évite à ses clients d’avoir à attendre pour obtenir cequ’ils veulent. Antri Bouzar, qui importe tous ces produits de l’étranger, déclare :« L’avantage que nous avons sur nos concurrents, c’est que nous réduisons le délaientre la sortie d’un nouveau produit et le moment où nos clients peuvent se leprocurer. Comme nous sommes un importateur de poids, nous pouvons offrir desprix avantageux qui nous assurent la fidélité de nos clients ».

Cependant, l’itinéraire de l’entrepreneuriat suivi par Mohamed n’a pasété rectiligne. Il a étudié à l’École Polytechnique d’Alger, dont il sortit ingénieuren génie civil. Pendant ses études, il travailla avec son père et ses frères dansla bijouterie familiale, pour laquelle il voyagea et effectua une bonne partie dutravail de vente. « À la fin de mes études, j’ai dû faire deux ans de service militaire.Ensuite, je pensais utiliser mon diplôme de génie civil pour débuter une activité deconseil. Dans les années 1990, il n’était tout simplement pas possible de lancer unesociété privée dans ce secteur. Nous vivions alors encore sous un régime socialiste,dont la bureaucratie multipliait les embûches pour le jeune entrepreneur au pointd’étouffer toute initiative. Il n’existait pas vraiment d’informations sur le secteur,pas de données publiques disponibles pour s’assurer de la viabilité d’un tel service.

D’autre part, nous étions assurément en train de nous détacher du socialisme pourembrasser une économie de marché ouverte et je voyais se développer le marchédes ordinateurs personnels. Je savais que j’avais une opportunité à saisir ».Antri Bouzar affirme que lorsqu’il lança ABM, il n’avait pas idée des risquespotentiels de cette initiative. « Je viens d’une famille d’entrepreneurs. Mon grand-père était entrepreneur dans l’immobilier et avait toujours été prospère. Mon père était égalemententrepreneur et avait fini par devenir l’un des plus grands bijoutiers d’Algérie. Toutefois,c’était la voie tracée par mon grand-père maternel que je souhaitais emprunter ». Dansla perspective de Monsieur Bouzar, être entrepreneur était « une sorte d’aventure, danslaquelle je me lançais en toute indépendance. Pour moi, je prenais un risque calculé ;en cas d’échec, je pouvais toujours redevenir ingénieur ou travailler dans la bijouteriefamiliale ». Il avait accumulé un capital propre et, malgré la possibilité de bénéficier dusoutien financier de sa famille, il choisit de démarrer son entreprise tout seul.

Antri Bouzar était toutefois confronté à d’autres défis et risques sur lechemin de l’entrepreneuriat ; à l’époque, l’Algérie était en pleine mutation politiqueet l’environnement n’était pas très encourageant pour quiconque voulait créeret développer une entreprise. « Quand l’Algérie était encore socialiste, ceux quiréussissaient en affaires devaient s’ingénier à ne pas le faire de manière tropéclatante. Afficher sa richesse revenait à se mettre soi-même dans la ligne de mire.Une prospérité ostentatoire n’était pas bien vue. En outre, la menace du terrorismeétait omniprésente en Algérie au début des années 1990 ».

Comme c’est le cas pour de nombreux créateurs d’entreprise, Mohamedcommença par jouer seul tous les rôles. Il s’occupait des ventes, des stocks, descommandes et assurait personnellement toutes les tâches administratives. Tout abien changé aujourd’hui : Algeria Business Multimedia emploie actuellement unecinquantaine de personnes. À mesure que son équipe s’étoffait, sa dispositionà s’impliquer personnellement dans toutes les tâches ou fonctions imprima àl’entreprise une ambiance très démocratique. Selon Antri Bouzar, « L’ambiance detravail chez ABM n’est pas hiérarchisée ; chacun fait ce qui doit l’être. Nous nousappelons tous par nos prénoms. L’information circule librement et rapidement, nousne sommes pas freinés par la hiérarchie et la bureaucratie. J’ai toujours veillé à ceque mes collaborateurs disposent de tout le nécessaire pour s’acquitter de leur tâcheet à leur assurer de bonnes conditions de travail. Mes collaborateurs viennent detous les horizons : le mélange est riche. Cette richesse contribue également auxéchanges sociaux entre les employés. Nous sommes tous membres d’une mêmefamille ici ; s’il y a quelque chose à fêter, nous le fêtons ensemble. Si quelqu’untraverse une crise personnelle, nous l’aidons tous ».

La rotation du personnel peut être problématique pour toutes les entreprises,quelles qu’elles soient ; recruter les meilleurs collaborateurs, puis les conserver,constitue un défi permanent. Pour donner à ses collaborateurs une bonne raisonde rester, Antri Bouzar leur verse diverses sortes de primes. Il est surtout convaincuque la première étape et, peut-être, la plus importante, consiste à proposer àson personnel des salaires qui lui permettent de bien vivre. « Nous évaluons lesperformances tous les trois mois et proposons des opportunités de développement, pour que nos collaborateurs puissent progresser dans leur travail et évoluer au seinde l’entreprise. Nous leur réservons également la primeur des postes vacants, afinde favoriser la promotion interne plutôt que de recruter à l’extérieur ».

Pour embaucher de nouveaux employés, ABM entretient des liens étroitsavec les universités qui dispensent les cours que ses collaborateurs doivent avoirsuivis. La société se rend fréquemment dans ces universités pour y trouver descollaborateurs potentiels. « Les curriculum vitae sont importants, mais nous faisonségalement grand cas des entretiens, qui nous permettent de nous faire une idée dela manière dont les candidats s’adapteraient à notre ambiance, s’ils y contribueraientpositivement ou négativement ».

À l’instar de nombreux entrepreneurs, Mohamed est souvent capable detransformer une situation apparemment défavorable en opportunité. « J’ai construitun immeuble neuf spécialement pour héberger la société, mais nous n’avions pasimmédiatement besoin de la totalité de l’espace. J’ai donc loué l’espace restant àune grande banque française qui cherchait à s’implanter à Alger. J’ai fini par louertout le bâtiment à la banque et construire un autre immeuble. Ce faisant, j’ai pu augmenter mon capital tout en créant une bonne relation avec la banque. Cela m’apermis d’obtenir plus tard un crédit pour acheter un autre terrain, pour construireun autre bâtiment. Ainsi, j’ai pu prendre pied dans le secteur immobilier et renoueren partie avec ma formation initiale d’ingénieur du génie civil. Rétrospectivement,je constate qu’une opportunité a été créée ; aujourd’hui, je suis à la tête d’une sociétéde vente d’ordinateurs en gros et d’une nouvelle entreprise immobilière ».

La route du succès de l’entrepreneur Antri Bouzar n’a toutefois pas toujoursété aussi aisée. L’un des principaux obstacles qu’il a rencontrés a été un besoin decapital, alors que la société connaissait une période de croissance. À l’époque, il étaitextrêmement difficile d’obtenir de quoi investir en Algérie ; le marché boursier étaitembryonnaire, il n’existait ni fonds de placement ni, pour ainsi dire, de marchésfinanciers. Il trouva alors un associé mais, selon ses dires, « Ce n’était pas le bontype d’associé. Il apparut qu’il n’était pas du calibre requis. Mon erreur, selonmoi, n’a pas été de rechercher du capital, mais d’avoir mal choisi mon associé ».Comment a-t-il résolu son erreur ? « J’avais toujours besoin de capital, donc quandj’ai recommencé à en chercher, j’ai été beaucoup plus soigneux dans mes recherchessur les antécédents de la société, la disponibilité réelle des fonds et la réputation deses dirigeants ».

Aujourd’hui, Mohamed travaille avec plusieurs banques privées quilui procurent les financements dont il a besoin pour exploiter son entreprise etla développer. « En ce temps-là, quand vous vouliez qu’une banque vous prêtede l’argent, vous deviez toujours donner une garantie, par exemple sous la forme d’un nantissement de bien immobilier. Mon père a donc nanti une partie de sonpatrimoine immobilier. Nous voulions montrer qu’ayant emprunté de l’argentà la banque, nous étions crédibles, que nous pouvions rembourser et que nousétions une bonne entreprise ». Antri Bouzar entretient des relations avec plusieurspartenaires industriels, qui lui ont permis de développer son entreprise tout enaméliorant la situation de son actif. Les fournisseurs accordent des crédits à lasociété, ce qui a partiellement réduit le risque financier couru par la société, touten lui conférant globalement un meilleur statut financier. Les partenaires financiersprocurent assurément certains avantages, mais comme le souligne Antri Bouzar,« L’inconvénient est le risque de mal choisir son investisseur ou son partenaire, cequi peut en fait ralentir l’investissement. Il se peut que la vision ou les objectifspour la société divergent, ce qui peut devenir véritablement problématique ».

Aujourd’hui, Monsieur Bouzar est confronté à un autre défi : il lui fautinvestir plus dans le développement de la société. « Je veux rester leader dansmon domaine, ce qui implique d’être en mesure de répondre et de nous adapterau marché et de savoir tout ce qui se passe dans ce secteur. Je dois consacrerpersonnellement du temps à ces questions et élaborer des solutions possibles à long terme. Le défi actuel auquel est confronté ABM est le développement de servicesdans le secteur informatique, avec des services après-vente comme la maintenanceet les réparations, pour aboutir au conseil et à la mise en oeuvre. En même temps, jedois mettre en place un dispositif qui permette à la société de continuer à prospérersi je la quitte un jour. J’aimerais qu’un jour ABM soit cotée à la bourse algérienne,même si elle est très petite ».

Lorsqu’on lui demande son conseil aux autres entrepreneurs susceptibles desuivre sa voie, Mohamed Antri Bouzar déclare : « Je n’ai pas choisi d’aller à l’écoleme former au management avant de lancer cette entreprise ; j’ai dû tout apprendresur le terrain, par la pratique. Cela a mis beaucoup de temps et j’ai appris beaucoupde leçons de manière empirique. Je pense qu’il serait presque assurément préférablede participer à un grand programme de formation au management, soit avant delancer une entreprise, soit très peu de temps après ». Quoiqu’il en soit, MohamedAntri Bouzar s’est accroché à son rêve et a réalisé tous ses espoirs et les a peut-êtremême dépassés. Une chose est sûre : le grand-père et le père de Mohamed, tous deuxentrepreneurs prospères avant lui, seraient certainement très fiers de lui aujourd’hui.

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